En France, hériter d’un membre de sa fratrie peut coûter très cher. Pourtant, une exception existe et pourrait vous éviter toute taxe… à condition de répondre à quelques critères bien précis. Vous êtes concerné ? Il est temps de le vérifier.
Pourquoi les successions entre frères et sœurs sont-elles si taxées ?
En matière de droits de succession, la France applique des taux élevés, notamment lorsque les héritiers ne sont pas des descendants directs. Cela concerne donc les frères, sœurs, neveux ou encore amis proches.
Voici les règles actuelles pour les héritiers issus de différentes catégories :
- Enfants et parents : abattement de 100 000 €, puis imposition entre 5 % et 45 %.
- Frères et sœurs : abattement de 15 932 €, puis 35 % jusqu’à 24 430 €, et 45 % au-delà.
- Neveux et nièces : abattement de 7 967 € et un taux unique de 55 %.
- Autres héritiers : abattement de 1 594 € ; imposition à 60 %.
Mais il existe des dispositions spéciales qui permettent, dans certaines situations, de réduire ou même d’échapper totalement à ces frais.
Une exonération totale possible entre frères et sœurs
La bonne nouvelle, c’est qu’une exonération totale des droits de succession est possible entre frères et sœurs. Mais cette mesure s’applique uniquement si trois conditions sont réunies.
Les trois critères à respecter
Pour bénéficier de cette exonération prévue à l’article 796-0 ter du Code général des impôts, il faut obligatoirement répondre aux conditions suivantes :
- Vous devez avoir vécu avec le défunt de manière continue pendant au moins les 5 dernières années avant son décès.
- Vous devez être célibataire, veuf(ve), divorcé(e) ou séparé(e) de corps au moment du décès.
- Vous devez avoir plus de 50 ans ou être atteint(e) d’une infirmité rendant impossible toute activité professionnelle.
Si ces trois critères sont réunis, alors aucun droit de succession ne sera exigé. Une économie importante, surtout dans des fratries sans descendant direct.
Autres cas d’exonération à connaître
Les successions entre frères et sœurs ne sont pas les seuls cas à bénéficier d’avantages fiscaux. D’autres situations permettent également de réduire considérablement les droits à payer :
- Conjoints et partenaires de PACS : exonération totale, quels que soient les montants hérités.
- Personnes en situation de handicap : abattement exceptionnel de 159 325 €, cumulable avec d’autres.
- Dons familiaux d’argent : exonération possible jusqu’à 100 000 € par donateur (et 300 000 € par bénéficiaire), sous conditions.
- Biens professionnels ou agricoles : exonérations partielles ou totales possibles via des dispositifs légaux, notamment le pacte Dutreil.
Ces dispositifs ont souvent des conditions précises. Pour bien les comprendre et en profiter pleinement, l’accompagnement d’un professionnel est vivement recommandé.
Pourquoi consulter un notaire ou un conseiller fiscal ?
Entre les différentes règles d’abattement, les cas d’exonération particuliers et les évolutions législatives, il peut être difficile de s’y retrouver seul. Un notaire ou un expert en fiscalité successorale pourra vous aider à :
- vérifier si vous êtes éligible à une exonération,
- anticiper la transmission du patrimoine,
- optimiser les montants transmis à vos proches,
- éviter les mauvaises surprises fiscales.
Quand il s’agit de succession, l’anticipation est votre meilleure alliée. Que vous soyez futur héritier ou que vous pensiez à transmettre un patrimoine, mieux vaut connaître toutes les options légales dès maintenant.
Ce qu’il faut retenir
Oui, hériter sans frais entre frères et sœurs, c’est possible, mais seulement dans certains cas strictement encadrés. Si vous vivez avec un frère ou une sœur, célibataire et âgé(e) de plus de 50 ans (ou en invalidité), vous pourriez être concerné.
N’hésitez pas à faire le point avec un spécialiste pour éviter de payer inutilement jusqu’à 45 % de droits. Une information bien comprise peut faire toute la différence.




