Vous avez peut-être levé les yeux vers le ciel parisien et aperçu une volée de petits oiseaux verts au cri perçant. Non, ce ne sont pas des échappés d’animalerie… Ce sont des perruches à collier, devenues les nouvelles habitantes inattendues de nombreux parcs parisiens.
Une arrivée discrète devenue massive
Tout commence dans les années 1970. Quelques perruches exotiques s’échappent de cargaisons à l’aéroport d’Orly ou de Charles-de-Gaulle. D’autres s’échappent de volières privées. Ces oiseaux, originaires d’Afrique et d’Asie, semblent d’abord inoffensifs.
Mais les années passent, et ces jolies évadées trouvent leur place. Le climat parisien doux, les nombreux arbres et l’absence de prédateurs leur permettent de se multiplier rapidement. Aujourd’hui, on estime leur nombre à plus de 3 000 individus rien qu’à Paris.
Pourquoi Paris leur convient si bien
Contre toute attente, ces oiseaux tropicaux s’adaptent. Le froid ? Pas un problème pour elles. Elles se regroupent par centaines pour se réchauffer la nuit. Elles nichent dans les cavités d’arbres, notamment les platanes des grands boulevards ou du bois de Vincennes.
L’alimentation ? Là encore, Paris leur offre tout ce qu’il faut. Ces perruches sont granivores et frugivores : elles se nourrissent de graines, de fruits, de bourgeons… Et dans les parcs, les passants leur donnent souvent à manger.
Quel impact sur la faune locale ?
Belle mais déroutante, cette invasion pose question. Les biologistes alertent sur leur statut d’espèce invasive. Bien qu’elles ne soient pas agressives envers les humains, leur présence pose un risque à long terme pour certaines espèces locales comme les moineaux ou les mésanges.
Elles occupent les mêmes nids, mangent la même nourriture, et leur vitesse de reproduction rend la compétition inégale. En ville, cela peut nuire à l’équilibre fragile de la biodiversité urbaine.
Que fait la ville de Paris ?
Pour l’instant, aucune mesure radicale n’a été prise. Les perruches sont surveillées, mais leur chasse ou leur extermination est compliquée, voire controversée. Leur apparence charmante et leur présence familière jouent en leur faveur auprès du public.
La ville préfère suivre leur évolution et observer leurs effets sur l’écosystème. Des ornithologues participent à des comptages réguliers, notamment durant les soirées d’hiver, lorsqu’elles se rassemblent en grand nombre sur les arbres des quais ou du parc Montsouris.
Faut-il s’inquiéter ?
Pas encore. Les experts restent vigilants. Mais tant que leur population reste modérée, ces oiseaux colorés peuvent même apporter une touche de poésie à la ville. C’est un peu de jungle dans la ville, un chant exotique parmi les pigeons.
Cependant, si leur nombre continue d’augmenter, il faudra peut-être agir. Préserver la diversité des espèces locales reste une priorité.
Où les observer à Paris ?
Si vous voulez les voir, quelques spots sont bien connus des amoureux d’oiseaux :
- Le parc Montsouris
- Le bois de Vincennes
- Le parc Georges Brassens
- Le parc des Buttes-Chaumont
Le soir, elles se rassemblent bruyamment dans les arbres. Leur cri aigu et leur plumage vert vif les rendent faciles à repérer, même pour les novices.
Un phénomène mondial
Paris n’est pas un cas isolé. On observe des colonies de perruches à collier dans plusieurs grandes villes européennes comme Londres, Rome ou Amsterdam. Partout, elles trouvent refuge dans les parcs urbains, loin de leurs terres d’origine.
C’est le reflet d’un monde où les frontières naturelles s’effacent, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire.
En attendant, la prochaine fois que vous entendez un cri venu du ciel… Levez la tête. Une invasion pacifique, mais bien réelle, traverse les branches au-dessus de vous.




